Et si on apprenait autrement ?

Ennui, manque de concentration, difficultés à comprendre et retenir… Il semble que les méthodes d’apprentissage « classiques » montrent leurs limites. Aujourd’hui et de plus en plus, de nouvelles méthodes de travail voient le jour pour rendre l’enseignement plus efficace.

Ces méthodes sont multiples : classe inversée, travail en projet, utilisation du jeu, etc. Leur but commun ? Mieux impliquer l’étudiant dans ses études. Retour sur quelques initiatives qui ont fait leurs preuves.

Place libre aux innovations pédagogiques

Au cours des dernières années, ce sont des enseignants motivés qui proposaient toutes les nouveautés en matière d’éducation. Aujourd’hui, certains établissements offrent aux professeurs la possibilité de tester des enseignements plus librement dans le but d’encourager l’adoption des bonnes pratiques.

Exemple dans l’université Paul-Sabatier de Toulouse, où a été créée la « Maison de la réussite en licence » et où les espaces de travail sont adaptés aux pédagogies innovantes. Les 1 000 étudiants de première année en sciences fondamentales y suivent des cours innovants : psychologie inversée, cours dynamiques avec utilisation de boitiers interactifs ou de smartphones qui permettent aux étudiants de poser des questions et aux enseignants de vérifier que le cours est bien compris. Pour le Président de l’université, le but est de renforcer le suivi pour valoriser les élèves. Pour plus de renseignements sur les méthodes d’enseignement de l’université toulousaine, consultez leur vidéo youtube.

Des espaces innovants

Elément indispensable pour une bonne concentration, les espaces de travail se transforment : les salles de classes deviennent modulables et on adopte du nouveau mobilier pour moderniser les dispositions classiques. Dans la nouvelle école d’hôtellerie-restauration-luxe Ferrières, près de Paris, une salle dite « intelligente » est formée de blocs de travail ronds qui favorisent le travail en groupe. L’enseignant se déplace d’un élève à l’autre pour le conseiller plutôt que d’offrir un savoir académique devant tous les élèves.

Autre exemple dans l’école de commerce Audencia qui propose chaque année quarante nouveaux projets pédagogiques. Parmi eux, une salle modulable : grâce à ses nombreux écrans, l’interactivité est au cœur du processus d’apprentissage. Les professeurs sont libres d’utiliser la salle comme bon leur semble, d’expérimenter de nouvelles manières d’enseigner.

Les technologies prennent une place importante au sein de ces nouveaux espaces de travail : chaises remplacées par des fauteuils à roulettes avec tablette intégrée dans une école d’ingénieurs à la Rochelle, mise à disposition d’une salle avec imprimantes 3D et perceuses pour offrir aux étudiants l’occasion de « faire » à Audencia. Sur les murs de cette salle, un règlement unique : « interdit de travailler dans un silence pesant », « obligatoire de mettre plein de bazar sur les murs » et aussi « ranger ».Le "règlement intérieur" du Fab Lab

Echanger pour mieux comprendre

La classe inversée, forme d’enseignement présente aux Etats-Unis depuis plusieurs années, se développe peu à peu en France. Dans la classe inversée, la salle de classe devient un lieu d’échanges entre étudiants et professeurs (exercices, discussions, etc.) ; les élèves découvrent leur leçon en amont et de façon autonome : ils arrivent en cours en connaissant déjà le contenu de la leçon et peuvent bénéficier des éclairages du professeur et des autres étudiants pour aller plus loin.

Le Graduate Diploma in Management studies de l’IAE Caen fonctionne en classe inversée depuis plusieurs années pour s’adapter aux étudiants étrangers et favoriser le travail de groupe, et c’est un succès.

Mieux impliquer les étudiants

Toutes ces nouvelles méthodes se rejoignent en un but commun : impliquer les élèves dans l’apprentissage. On entend souvent parler d’étudiants plus intéressés par les activités associatives de l’écoles que par leurs cours. Dans l’école de Management de Grenoble par exemple, en plus des classes inversées, on incite les étudiants à être « INSIDE », c’est à dire « Inspirés, Novateurs, Sociaux, Impliqués, Décideurs, Entrepreneurs ». L’implication des élèves n’est rien sans celle de ces nouveaux professeurs « digital natives » qui souhaitent s’adapter aux courants actuels pour enseigner autrement : organisation de journées à thème pour découvrir les différentes formes de management, création d’un sénat étudiant, fabrication par les élèves d’un Totem composé des objectifs écrits de la scolarité de chacun…

Toutes ces initiatives montrent qu’une évolution est en cours. « Un étudiant est un manager en devenir ! », explique Armelle Godener, directrice pédagogique de l’école grenobloise. Et si l’école évolue, les entreprises de demain évolueront également.

 

Source : Le Monde

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